Originaire de Pikine, une banlieue de la région de Dakar Moussa, 20 ans a toujours rêvé de faire comme ses grands frères du quartier: immigrer en Espagne et honorer sa mère. « J’étais marchand ambulant à Dakar et au début je vendais des noix de cajou puis j’ai commencé à investir dans les produits électroménagers malgré la longue distance à pied sous la chaleur je me débrouiller à rentrer le soir avec une bonne recette mais ce n’était jamais suffisant pour réaliser mon rêve de réussir une meilleure vie en Espagne».
Un jour, alors qu’il se reposait sur un banc public sur les deux voies de liberté 6, son téléphone sonne et au bout du fil, un homme qui s’est présenté comme un convoyeur qui disait vouloir l’aider sur recommandation de son « grand Ndiaga » qui lui a parlé de lui. Ce dernier était aussi marchand ambulant avant de migrer vers l’Espagne. Deux semaines après accords, Moussa s’est rendu à Kayar pour le grand voyage, une petite ville côtière située à environ 58 km au nord de Dakar. Beaucoup de pirogues clandestines sont parties de cette localité très réputée. Beaucoup ont aussi péri en route.

Ainsi avec l’aide de ce dernier, Moussa a pu embarquer une nuit à la plage de Kayar en direction des iles canaries. Je l’ai rencontré à Las Palmas où il est arrivé il y deux ans, par voie maritime irrégulière. Il se souvient de son voyage par pirogue, « risqué et que j’ai partagé avec des hommes et des femmes de partout au Sénégal et de la Gambie». Leur pirogue a quitté avec l’espoir de regagner les côtes espagnoles 6 jours après. Au début, tout se passait bien mais au bout de quelques jours, certains passagers ont commencé à tomber malades.
« Je me tenais à l’écart et mangeais peu. J’avais avec moi un anti vomitif et des vitamines. » La mer était très mouvementée et leur pirogue surchargée. Ils étaient plus d’une centaine et ils ont failli se renverser plusieurs fois à causes des houles violentes. C’est à quelques kilomètres des côtes espagnoles qu’ils ont été recueillis par les gardes côtes espagnols. Entre les mains de la Croix Rouge, Moussa sentait déjà son rêve se réaliser. « J’étais arrivé vivant. » Son placement en centre pour migrants était pour lui un signe de réussite et que la vie lui promettait un avenir meilleur. A suivre…




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